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Rivière Romaine à trois dimensions: la question des ententes secrètes en est une distincte.

14 11 2008

Trois dimensions prennent forme dans le dossier de la Romaine et devraient être regardées distinctement à mon avis.

Première dimension : Il y a  les impacts environnementaux qui doivent faire l’objet d’études les plus objectives possibles pour éviter le biais du promoteur et même être contre-expertisés disent les groupes environnementaux tels Nature Québec, Fondation Rivières et la Société pour Vaincre la Pollution.

Deuxièmement, il y a aussi une question d’ordre national: un projet de cette ampleur dépasse les frontières d’une région selon les environnementalistes.   Le projet doit-il n’être débattu que dans sa région d’accueil comme un projet de viaduc, de parc régional ou de développement domiciliaire en périphérie d’un milieu humide?  Doit-il n’être débattu que dans un grand centre urbain  ou devrait-il être débattu à la fois en région tout en permettant un accès le plus large possible aux citoyens de l’ensemble du Québec avec les technologies aujourd’hui facilement à notre portée?  Le préfet de la MRC invite les environnementalistes à se déplacer pour en débattre à Havre-Saint-Pierre mais que pense-t-il de la participation à distance  des autres citoyens du Québec?

Troisièmement, la notion de consentement du milieu local est aussi centrale et Hydro-Québec l’a mentionné dans sa présentation du projet la Romaine à maintes reprises.  Un projet hydroélectrique d’une ampleur telle que le projet de quatres centrales sur la rivière Romaine doit être accepté par la communauté sinon il ne devrait pas aller de l’avant. Mais à quel prix  forger l’acceptation de la communauté locale? C’est sur ce troisième point que je porte mon analyse dans ces lignes car les deux autres points sont… deux autres débats. 

C’est suite à la lecture d’un commentaire de monsieur Berger de St-thomas en Ontario que j’ai eu ce questionnement . Monsieur Berger commentait la nouvelle de Louis-Gilles Francoeur :

“Qu’un citoyen ordinaire s’avise d’acheter des élus pour un obtenir un avantage quelconque et il se retrouvera derrière les barreaux. Le PDG d’Hydro-Québec le fait à coup de millions et sa sentence prendra plutôt la forme d’un grassouillet bonus pour bonne gouvernance”

http://www.ledevoir.com/2008/11/12/commentaires/0811120914765.html

C’est une thématique qui revient régulièrement depuis que la question des ententes secrètes a été soulevée par les citoyens outrés aux audiences publiques dans la semaine du 27  octobre 2008. D’un côté on n’ose pas encore mentionner le mot corruption. Trop fort peut-être comme terme. On préfère dire que les “élus ont été achetés; que les élus se sont “transformés en lobbyistes en bonne et due forme pour Hydro-Québec”. Les citoyens qui ont posé des questions mentionnaient qu’ils n’avaient pas été consultés, qu’aucun référendum n’était prévu pour recevoir leur approbation.  On répond du côté du promoteur, des élus locaux et de partisans que les environnementalistes “n’avaient  qu’à se déplacer” et que le projet ne créera que peu de gaz à effet de serre ou que c’est une énergie propre. Du côté des partisans de rivières à l’état sauvage et es autres énergies renouvelables on commente en mentionnant que l’efficacité énergétique ferait mieux et est plus respectueuse de l’environnement, etc

On est à côté de la question. Mais vraiment à côté.

C’est une question de démocratie et d’utilisation honnête des fonds publics. Est-il admissible que les élus au niveau municipal disposent de budgets de millions de dollars octroyés par une entreprise pour faire la promotion d’un projet? Hydro-Québec mentionne dans le document DA25 que c’est “une pratique d’entreprise depuis près de 30 ans” de négocier des ententes de la sorte. Les Québécois étaient-ils au courant et l’acceptaient… ou le chat vient-il de sortir du sac? 

Là est la question.  La question n’est pas de savoir si les milions de dollars biaisent le débat de l’acceptation par les communautés locales mais bien de savoir si la société doit accepter qu’on biaise le débat à coup de millions de fonds publics.  

-Nicolas

Pour lire l’article de Louis-Gilles Francoeur et la réplique:

12 novembre 2008, Le Devoir, Louis-Gilles Francoeur, Projet hydroélectrique de la rivière Romaine - Roy Dupuis reproche à Hydro-Québec d’avoir acheté l’appui des élus régionaux

http://www.ledevoir.com/2008/11/12/215545.html

lire la réponse du préfet:

13 novembre 2008, Le Devoir, Louis-Gilles Francoeur, Projet de la Romaine - Le préfet de la MRC donne la réplique à Roy Dupuis

http://www.ledevoir.com/2008/11/13/215834.html


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