Les producteurs du documentaire “Chercher le courant”, Nicolas Boisclair et Denis McCready, sont partis de Montréal dans le nuit du 27 octobre pour se rendre en voiture à Havre-Saint-Pierre afin d’assister au Bureau des Audiences Publiques en Environnement BAPE sur le projet hydroélectrique de la rivière Romaine.
ITINÉRAIRE MONTRÉAL - HAVRE-SAINT-PIERRE
Pendant ce temps, Alexis de Gheldere assistera à Montréal à la conférence de presse tenue par des organismes environnementaux qui protestent contre la manière dont le BAPE conduit les audiences publiques. Voir plus bas l’article de Louis-Gilles Francoeur paru dans Le Devoir samedi.
L’équipe de “Chercher le courant” invite leurs amis, contacts, familles à visiter le site du BAPE et envoyer des questions. Si vous considérez qu’il est inacceptable que ces audiences publiques qui impliquent tous et toutes les Québécois(e)s soient tenues à l’écart de la population, faîtes-le savoir à vos élus au fédéral et au provincial, à Hydro-Québec et au BAPE.
Pour plus de détails, consultez notre site web plus en détails et visitez le site web de Hydro-Québec / Romaine.
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La Romaine - Les groupes écologistes songent à boycotter le BAPE
Louis-Gilles Francoeur
Le Devoir
Édition du samedi 25 et du dimanche 26 octobre 2008
Plusieurs groupes écologistes importants du Québec vont se consulter au cours de la fin de semaine pour déterminer s’ils vont boycotter la consultation que tiendra à compter de lundi le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur le complexe hydro-électrique projeté par Hydro-Québec sur la rivière Romaine.
Un tel boycottage constituerait une première depuis 28 ans qu’existe le BAPE, et cela consacrerait une baisse de crédibilité de cet organisme, sinon une rupture politique majeure, qui couve depuis deux ans et qui s’est aggravé avec les dernières grandes audiences comme celle de Rabaska.
«Si ça continue comme ça, confiait au Devoir un des leaders environnementaux au coeur des pourparlers de la fin de semaine, on va laisser les Chambres de commerce coucher en public avec le BAPE et Hydro-Québec. On ne va pas leur donner de caution. S’ils veulent à tout prix faire des projets de m…, ils pourront les faire au vu et au su de tout le monde, sans ambiguïté. Nous, on va faire la bataille ailleurs.»
Plusieurs des grands groupes qui songeaient en effet à participer à cette audience sont depuis des mois convaincus que le BAPE et ses commissaires, d’entrée de jeu, «penchent comme des tours de Pise du côté du pouvoir et du promoteur». Ils sont convaincus, en ce début d’audience ,que l’hypothèse d’un rejet de ce projet n’a pas le même poids que l’hypothèse de le réaliser, contrairement à l’éthique de neutralité qui devrait prévaloir et se traduire par un réel exercice critique.
Mais plusieurs autres problèmes concrets ont vicié davantage le processus. Ainsi, la commission responsable du projet a décidé de ne siéger qu’à Havre-Saint-Pierre, alors que de nombreux intervenants se retrouvent dans le sud du Québec. Jusqu’ici, plusieurs commissions d’évaluation environnementales ont pourtant tenu des audiences au nord comme au sud pour des projets hydroélectriques en régions nordiques. Même s’il s’agissait de projets régis par la Convention de la Baie-James, un projet comme celui de la Romaine s’y apparente, selon les groupes qui rejettent l’approche du BAPE, lequel regarde aujourd’hui les projets relevant de sa compétence comme des projets «locaux» qu’on ne peut traiter que sur place.
Les groupes environnementaux de Québec et Montréal, qui n’ont pas les moyens de passer deux semaines à Havre-Saint-Pierre, estiment pour leur part avoir autant leur mot à dire sur les ressources nordiques que les populations locales puisque ces cours d’eau font partie du patrimoine collectif, expliquait un militant de Nature-Québec.
Les écologistes québécois sont furieux de la décision du BAPE de s’en tenir à une retransmission audio sur Internet des audiences. «Personne ne pourra ainsi suivre les explications sur un document que quelqu’un commentera pendant les audiences. Il n’y a aucune raison pour que les gens du sud du Québec aient accès à une information tronquée», expliquait un membre de la Fondation Rivières.
Le Devoir a obtenu copie d’une lettre qu’adressait John Burcombe, du groupe Au Courant, la semaine dernière au président de l’audience, le commissaire Michel Germain, pour lui rappeler qu’il y a 15 ans ce dernier siégeait à la commission d’évaluation du projet Sainte-Marguerite 3 (SM-3).
À cette époque, écrit John Burcombe, «la première partie de l’audience était télédiffusée en direct, notamment sur la Côte-Nord, à Québec et à Montréal. En même temps, la population avait la possibilité de poser des questions à la commission par téléphone, sans frais».
Maintenant, ajoute John Burcombe, le BAPE se dit incapable d’en faire autant pour un projet deux fois plus important en puissance et doté de quatre barrages, alors que les technologies de l’information ont fait des pas de géant depuis cette époque. Quinze ans plus tard, le BAPE, dit-il, offre au public un service «effectivement moindre que celui offert en 1993!»
M. Burcombe aurait pu ajouter qu’une décennie auparavant le BAPE offrait déjà une retransmission provinciale des audiences sur la tordeuse de bourgeons d’épinettes.